Programme

Cordes Only

Vivaldi
Concerto pour 4 violons en si mineur, op. 3 n°10
Concerto pour 2 violoncelles en sol mineur, RV 531

Vivaldi - Quatre saisons
Concerto n° 1 en mi majeur, op. 8, RV 269, « La primavera » (Le Printemps) Allegro Largo Allegro
Concerto n° 2 en sol mineur, op. 8, RV 315, « L'estate » (L'Été) Allegro non molto – Allegro Adagio - Presto – Adagio Presto
Concerto n° 3 en fa majeur, op. 8, RV 293, « L'autunno » (L'Automne) Allegro Adagio molto Allegro
Concerto n° 4 en fa mineur, op. 8, RV 297, « L'inverno » (L'Hiver) Allegro non molto Largo Allegro

Violon : Fanny Robilliard
Clavecin : Jennifer Vera Martinez
Premier violon : Nina Millet

C'est avec deux concertos d'Antonio Vivaldi, compositeur italien du XVIIIè siècle, réputé et très prolifique, que débutera ce premier concert de la nouvelle année. Seront ensuite interprétées les Quatre Saisons de Vivaldi. Ces concertos pour violon comptent parmi les plus célèbres de l’histoire de la musique, près de 300 ans après leur création. A cette période, l’œuvre entre parfaitement dans les critères de la musique baroque. « C’est une musique de contrastes dramaturgiques forts : entre les nuances piano et forte, entre les passages tutti où tout l’orchestre joue, et les passages où seul le soliste joue… Cette importance des contrastes est au cœur de la musique baroque », explique le musicologue Karol Beffa. Mais ce qui intrigue davantage le public de l’époque, ce sont les mimétismes, très présents dans les Quatre saisons. A travers les quatre concertos, on croit reconnaître le son des oiseaux, l’orage qui gronde, la pluie, le vent ou encore la lourdeur d’un été chaud.


Texte des sonnets de Vivaldi

Le Printemps

Voici le Printemps, que les oiseaux saluent d'un chant joyeux. Et les fontaines, au souffle des zéphyrs, jaillissent en un doux murmure. Ils viennent, couvrant l'air d'un manteau noir, le tonnerre et l’éclair, messagers de l'orage. Enfin, le calme revenu, les oisillons reprennent leur chant mélodieux. Et sur le pré fleuri et tendre, au doux murmure du feuillage et des herbes, dort le chevrier, son chien fidèle à ses pieds.
 Au son festif de la musette dansent les nymphes et les bergers, sous le brillant firmament du printemps.

L'Été

Sous la dure saison écrasée de soleil se languit l'homme, se languit le troupeau et s'embrase le pin. Le coucou se fait entendre, et bientôt, d'une seule voix, chantent la Tourterelle et le Chardonneret. Zéphyr souffle doucement, mais, tout à coup, Borée s'agite et cherche querelle à son voisin. Le pâtre s'afflige, car il craint l'orage furieux, et son destin. À ses membres las, le repos est refusé par la crainte des éclairs et du fier tonnerre, et par l'essaim furieux des mouches et des taons. Ah, ses craintes n'étaient que trop vraies, le ciel tonne et fulmine et la grêle coupe les têtes des épis et des tiges.

L'Automne

Par des chants et par des danses, le paysan célèbre l'heureuse récolte et la liqueur de Bacchus conclut la joie par le sommeil. Chacun délaisse chants et danses : l'air est léger à plaisir, et la saison invite à la douceur du sommeil. Les chasseurs partent pour la chasse aux premières lueurs de l'aube, avec les cors, les fusils et les chiens. La bête fuit, et ils la suivent à la trace. Déjà emplie de frayeur, fatiguée par les fracas des armes et des chiens, elle tente de fuir, exténuée, mais meurt sous les coups.

L'Hiver

Trembler violemment dans la neige étincelante, au souffle rude d'un vent terrible, courir, taper des pieds à tout moment et, 
dans l'excessive froidure, claquer des dents ; Passer auprès du feu des jours calmes et contents, alors que la pluie, dehors, verse à torrents ; marcher sur la glace, à pas lents, 
de peur de tomber, contourner, Marcher bravement, tomber à terre, se relever sur la glace et courir vite avant que la glace se rompe et se disloque. Sentir passer, à travers la porte ferrée, Sirocco et Borée, et tous les Vents en guerre. Ainsi est l'hiver, mais, tel qu'il est, il apporte ses joies.